Le nouvelliste | Vendredi 18 octobre 2002

 

 

        

Des fesses roses et une cause verte

« À l’ère du jetable, des parents optent pour la coche de coton »

 

Bébé a à peine six mois que, déjà, il a est un gros, un très gros pollueur.

            Car si le chérubin fait partie de la grande majorité des bébés dont les parents ont opté à sa naissance pour la couche jetable, ce sont quelque 7000 couches d’urine et de matières fécales qu’il aura remplies avant d’avoir apprivoisé le petit pot.

            Faites de pâte de papier et de plastique, les couches jetables prennent plusieurs centaines d’années à se décomposer. Et on ne parle pas ici de tous ces virus qu’elles peuvent contenir et qui représentent un danger de contamination pour la nappe phréatique.

            Soucieux de faire leur part pour la cause environnementale, des parents n’hésiteront pas à se tourner vers les couches de coton. Qui plus est, ils économiseront environ 2000$ sur deux ans.

            Ceci dit, on ne trouve pas aussi facilement les couches de coton que les jetables.

            Dans la région, oubliez les pharmacies, de même que les magasins de vêtements et d’accessoires pour bébés. À part les magasins à rayons tel que Sears et Wal Mart qui offrent des couches « à pliage accordéon et à armure à œil de perdrix », vous devez passer votre commande par téléphone (en consultant les pages jaunes) ou faire votre recherche sur Internet.

            Les parents qui utilisent les couches de tissus ne se mettent pas à l’abri de commentaires susceptibles de les décourager dans leur choix. On leur dira que les couches de coton sont moins absorbantes, qu’elles font des grosses fesses à bébé, qu’elles ne sont pas pratiques en voyage et que, surtout, leur entretien est long, compliqué et on vous fait grâce ici de la grimace qui accompagne habituellement cette dernière réflexion.

            Leurs fidèles utilisateurs soutiennent de leur côté que trop peut de gens savent à quel point les couches de cotons ont été améliorées depuis le temps de nos grand-mères.

            Terminée l’époque où il fallait rincer la couche souillée dans la toilette. Finies, aussi, les épingles.

       On est à l’ère des attaches de velcro, du double paroi à la cuisse qui résiste aux fuites, de la culotte imperméable en nylon qui empêche la transpiration. En fait, la couche de cotons imite le plus souvent la forme de la couche jetable.

   Mme Hélène Morin, de LaSalle a mis sept ans pour penser et concevoir la couche de coton Angelik qui fait aujourd’hui le succès de son entreprise, La Mère Hélène (www.merehelene.com).

    « Je vends aujourd’hui en douze semaines ce que je vendais, il y a cinq ans, en douze mois », affirme Mme Morin qui témoigne de la popularité grandissante de la couche de coton, notamment auprès des gens de la classe moyenne et supérieure, précise-t-elle.

 

 

   Plus de la moitié de sa clientèle choisissent la couche de coton parce qu’elle veut poser un geste concret            pour le respect et la défense de l’environnement. L’économie d’argent passe en deuxième.

            Pour 350$, bébé est « équipé » pour deux ans environ. Cela comprend une vingtaine de couches 100% coton, les bandes jetables et biodégradables et les culottes imperméables.

            Pour certains parents, la couche de coton est également un choix de santé puisqu’elle est exempt de tout produit chimique susceptible de nuire à la peau fragile de bébé. Des fesses sont carrément allergiques aux composantes de la couche jetable, notamment celles des blondinets et rouquins.

            Autre fait non négligeable, le bambin qui grandit avec une couche de coton entre les jambes est susceptible d’apprendre plus rapidement à aller sur le pot qui son copain à la couche jetable, hyper absorbante, qui garde ses fesses au sec pendant des heures.

            Mme Annie Poirier, de Sainte-Étienne-des-Grès, accouchera en décembre prochain de son troisième enfant. À l’instar de son frère et de sa sœur aînés, le poupon portera la couche de coton.

            Pour Mme Poirier, le choix des couches lavables était avant tout d’ordre écologique. « Nous voulions faire notre part pour l’environnement. Les couches de papier jetables représentent des tonnes de déchets et d’arbres abattus » rappelle-t-elle.

            « Il faut se donner la peine d’essayer les couches lavables. Ce n’est pas si pire », témoigne Mme Poirier avant de mentionner que contrairement à la croyance populaire, ce choix est « bien pratique » en plus de représenter une économie.

            « Les couches de coton sont réutilisables pour un autre enfant. Sinon, elles font de belles guenilles pour laver les vitres », ajoute la dame en riant.

            Mme Poirier ne considère pas que l’utilisation des couches de coton constitue une corvée. Qui plus est, elle n’utilise même pas les bandes jetables qu’on peut mettre au centre de la couche de tissu et qui absorbe l’urine et le reste…

            « J’ai trente couches. J’en utilise de huit à dix par jour. Je fait donc un lavage aux trois jours », décrit Mme Poirier qui entre deux grossesses, est retournée sur le marché du travail, comme quoi les couches de coton, ce n’est pas seulement l’affaire de mamans à temps plein à la maison.

« Les couches de coton sont très bien conçues. Ce n’est pas juste un linge carré à plier et à attacher avec des épingles. Et personnellement, je trouve ça tellement plus mignon un bébé en couche de coton » conclut-elle.